NU émerge de la rencontre par la conversation pour découvrir l’existant et situer le propos. Ensuite, NU identifions les contraintes dans un mouvement authentiquement vulnérable – NU – pour diriger avec précision et flexibilité des actions d’impact. Puis, NU célébrons de nouvelles solutions bâties pour le futur : NU Futures.
En langue wolof, “ñú” (prononcé “niou”) signifie “nous”, comme dans le terme “Su Ñú Gal” (cette pirogue à nous tou.te.s), qui a donné son nom au pays : Sénégal. Nous sommes donc NU comme en wolof : des jeunes réunis pour faire ensemble face à des défis collectifs. Dans un environnement économique déjà difficile, plusieurs d’entre nous travaillent dans des industries créatives précaires où nous tentons au quotidien de protéger et vivre de nos arts. S’engager en plus pour une cause sociale ou communautaire relève de l’exploit.
Comment accomplir cet exploit ? Nous expérimentons aussi le “nous” à l’échelle de toute la communauté : comment notre écosystème recevra-t-il cette volonté de mobilisation spontanée ? NU le saurons bien vite.
Dans plusieurs langues du continuum “gbe” (adja, fon, guin, ewe, goun, etc.), “nù” désigne la chose, comme dans le terme fon “nù kpi kpin” qui désigne le miroir en le nommant à partir de son utilité : “ce qui sert à voir les choses”. Dans un langage peut-être plus philosophique, “nù” désigne l’existant, comme dans les termes “nù do gbè min” ou “nù dé”, grossièrement traduits par “il [en] existe des choses” pour exprimer l’étonnement ou la contemplation face à la découverte de l’existant.
C’est l’essentiel de notre démarche : la rencontre de NU (ñú) permet de découvrir NU (nù) l’existant, la chose. Par suite, la chose devient le propos. Ainsi, de la rencontre émerge le propos… par voix de NÚ, la bouche.
Toujours dans les langues du continuum “gbe”, “nú” désigne la “bouche” et “boire” selon qu’il est utilisé comme nom ou comme verbe. “Nú” pris dans ce sens nous renvoie à la communication orale, tant dans sa nature contextuelle que dans son caractère hautement solennel. Considérons la seule syllabe “NU” et toutes les significations que nous lui trouvons déjà ici, avec tant de variantes selon la tonalité ou le dialecte.
Notre approche, fondamentalement poïétique, cherche dès lors par une forme d’expérimentation ad hoc à poser une question centrale pour les cultures orales : est-il possible de s’organiser efficacement dans le cadre si évanescent de la communication orale ?
Notre pensée s’appuie sur un ensemble de minimalismes de facto. Nos ressources sont souvent très limitées : capital, accès à une éducation de qualité, support (familial, communautaire ou public) défaillant, entraves (physiques, économiques, administratives) à la liberté de mouvement, etc. – tout nous manque souvent par ici.
Nous sommes donc souvent exposés – financièrement, mentalement, émotionnellement, etc –, soit nu.e.s. Est-il alors possible, en s’appuyant sur les principes du minimalisme, de faire du manque un allié ? Si oui, comment pourrait s’articuler ce processus par lequel transformer la vulnérabilité en levier de puissance ?
Depuis les années 90, les mouvements alternatifs d’influence anglo-saxonne utilisent le qualifiant “NU”, version contractée du mot “new”, pour nommer de nouveaux genres artistiques issus d’autres déjà établis. Le terme “Nu Metal”, par exemple, est né pour désigner une “nouvelle” forme de musique “Metal” qui, tout en cherchant à se démarquer de la forme devenue “classique”, tenait quand même à s’y identifier.
Identitaire autant qu’itérative, cette dynamique caractéristique des mouvements alternatifs est au cœur de l’approche NU. Après tout, c’est bien au bout de l’ancienne corde que se tisse la nouvelle.
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